Accéder au contenu principal

Ravalement de façades pour copropriétés & particuliers
On diagnostique, on répare, on protège • Devis rapide • France

Façades respirantes : mythe, réalité et limites techniques

La façade respirante est devenue une expression omniprésente dès qu’il est question de rénovation énergétique, de confort hygrothermique et de pathologies de l’enveloppe. On la retrouve sur des fiches produits, dans des discussions de chantier, sur des devis, et même dans des diagnostics réalisés à la hâte. Le problème n’est pas l’idée de départ, qui est solide, mais la simplification excessive d’un phénomène physique complexe. Une façade ne respire pas au sens où un organisme échange de l’air pour vivre. Elle gère des transferts d’eau sous plusieurs formes, avec des vitesses et des mécanismes différents, et elle le fait dans un système réel, exposé à la pluie battante, aux cycles gel-dégel, aux gradients de température, aux sels, aux poussières et aux erreurs de conception.

Parler de façade respirante peut rendre service si l’on traduit immédiatement cette image en critères mesurables : perméabilité à la vapeur d’eau, capillarité, étanchéité à l’eau liquide, résistance au vent, continuité des couches, compatibilité entre supports et revêtements, et capacité du complexe à rester dans une zone hygrothermique stable. Une façade performante n’est pas celle qui laisse passer tout et n’importe quoi, mais celle qui laisse sortir l’humidité au bon rythme tout en empêchant l’eau liquide de pénétrer et tout en limitant les désordres liés aux pressions de vapeur, aux sels dissous et aux variations dimensionnelles.

Cette page met donc de côté les slogans et se concentre sur la réalité de chantier : dans quelles conditions une façade peut réellement mieux gérer l’humidité, quelles limites techniques ne peuvent pas être contournées, et comment arbitrer entre systèmes de ravalement sans transformer la façade en piège à eau. L’objectif est simple : permettre au maître d’ouvrage, au gestionnaire d’immeuble et au décideur technique d’identifier les bons cas d’usage, d’éviter les erreurs fréquentes, et d’augmenter la durabilité du ravalement.

Respirer, dans le langage du bâtiment, signifie gérer les transferts d’humidité

Une façade est soumise à quatre grandes sources d’humidité. D’abord l’eau liquide venant de l’extérieur : pluie battante, ruissellement, projections en pied, rejaillissements sur trottoir, éclaboussures sous corniche, infiltrations par fissures ou interfaces. Ensuite l’humidité issue du support : maçonneries anciennes chargées en eau, remontées capillaires, humidité résiduelle après travaux, eaux de chantier, reprises de maçonnerie pas assez sèches. Troisième source : la vapeur d’eau depuis l’intérieur, surtout dans les logements où la ventilation est insuffisante, où l’air humide migre vers les parois froides. Enfin l’humidité piégée par des défauts de conception : ponts thermiques, parois devenues trop étanches à la vapeur côté extérieur, absence de larmiers, joints défaillants, fissures actives.

Deux familles de transferts coexistent. Le transfert de vapeur d’eau dépend des gradients de pression partielle de vapeur et de la résistance à la diffusion des matériaux. Le transfert d’eau liquide dépend des chemins capillaires, des fissures, des porosités connectées et des pressions exercées par le vent et la gravité. Confondre ces mécanismes mène à des choix incohérents : un produit peut être très ouvert à la vapeur et pourtant laisser entrer l’eau liquide si sa microstructure ou sa formulation favorise le mouillage, et un autre peut repousser l’eau liquide tout en bloquant la sortie de vapeur si sa résistance à la diffusion est trop élevée dans le contexte du support.

Dans un ravalement, la question utile n’est pas de savoir si la façade respire, mais si le complexe façade + revêtement + traitements + détails constructifs maintient un équilibre : l’eau entre peu, et l’eau qui entre ou qui existe déjà peut sortir suffisamment vite pour que la teneur en eau du support ne s’accumule pas au fil des saisons.

La perméabilité à la vapeur ne suffit jamais sans maîtrise de l’eau liquide

On entend souvent qu’un revêtement respirant évite les cloques et les décollements. C’est parfois vrai, mais uniquement si le principal flux d’eau est la vapeur et non l’eau liquide. En présence d’infiltrations, de microfissures actives, de défauts de joints, ou de ruissellements concentrés, l’eau liquide domine et la perméabilité vapeur ne rattrape rien. Pire, certains complexes très ouverts à la vapeur mais peu résistants à la pluie battante se gorgent d’eau, puis sèchent lentement en profondeur, créant des cycles d’humidification et de séchage qui fatiguent la matrice, accélèrent l’encrassement et favorisent les efflorescences.

Le bon raisonnement est hiérarchique. D’abord, réduire l’entrée d’eau liquide : réparation de fissures selon leur nature, reprise des points singuliers, protection en pied, larmiers, joints de menuiseries, état des appuis et rejingots, étanchéité des acrotères, évacuation des eaux pluviales. Ensuite, choisir un système capable de laisser sortir l’humidité résiduelle en cohérence avec le support. Cette hiérarchie explique de nombreux échecs : on choisit un produit présenté comme respirant pour compenser un défaut d’étanchéité, et l’on obtient une façade humide durablement.

Comparatif 1 : Enduits minéraux à la chaux vs enduits hydrauliques et mortiers cimentaires

Avantages réels

Les enduits à base de chaux, bien formulés et adaptés au support, présentent une bonne capacité de transfert de vapeur d’eau et une compatibilité mécanique appréciable avec les maçonneries anciennes. Leur structure poreuse peut favoriser un séchage plus homogène, et leur alcalinité limite certains développements biologiques tant que la surface reste suffisamment basique. Sur des supports patrimoniaux, pierres tendres, moellons, briques anciennes, ils peuvent accompagner les microdéformations sans créer de contraintes excessives lorsque la formulation et l’épaisseur respectent les règles de l’art.

Les mortiers hydrauliques plus riches, et a fortiori les mortiers cimentaires, offrent une résistance mécanique élevée, une bonne tenue aux chocs, et une résistance à l’eau liquide souvent supérieure si la compacité est au rendez-vous. Dans des environnements urbains exposés, ils sont parfois choisis pour leur robustesse et leur capacité à recevoir certains revêtements.

Limites techniques

Un enduit à la chaux n’est pas un système anti-infiltration. S’il est mal serré, mal protégé en pied, ou exposé à la pluie battante sans détail constructif, il peut absorber de l’eau liquide en quantité. Sur certains supports très humides, les sels solubles migrent et cristallisent, dégradant l’enduit par pulvérulence et éclatement. La chaux exige aussi une mise en œuvre exigeante : gestion de l’eau de gâchage, conditions climatiques, protection contre le séchage trop rapide, temps de cure, et compatibilité des couches.

À l’inverse, un mortier trop cimentaire sur un support ancien peut rigidifier l’ensemble, créer des concentrations de contraintes et provoquer fissuration, décollement ou épaufrures du support. Sa résistance à la diffusion peut devenir trop élevée selon l’épaisseur et la compacité, ce qui ralentit l’évacuation de l’humidité contenue dans la maçonnerie. Dans les cas de remontées capillaires, la combinaison support humide + enduit dense peut augmenter la hauteur de la zone humide, déplacer les sels et accélérer les désordres.

Cas d’usage

Enduits à la chaux : façades anciennes, murs en pierre ou brique pleine, supports hétérogènes, bâtiments avec humidité structurelle modérée mais gérable, rénovations où l’on veut préserver des capacités de séchage et une compatibilité mécanique. Approche pertinente lorsque les points singuliers sont corrigés et que l’on vise un ravalement durable sans piégeage d’humidité.

Enduits hydrauliques ou mortiers plus riches : supports récents, blocs béton, maçonneries conçues pour des mortiers hydrauliques, zones sujettes aux chocs, parties basses protégées et correctement détaillées, façades où l’humidité interne est maîtrisée et où la pluie battante est gérée par la conception.

Erreurs fréquentes

Sur chaux : appliquer un enduit trop fin sur support irrégulier, négliger les phases de cure, travailler en période trop chaude ou trop ventée, surcharger en liant ou en adjuvants pour gagner en dureté et perdre la compatibilité, recouvrir trop tôt par une peinture filmogène, ignorer les sels et les remontées capillaires.

Sur mortiers riches : enduire une pierre tendre avec un mortier trop dur, fermer la façade sans traiter les entrées d’eau, croire que la densité compense l’absence de détails, traiter une fissure active comme une simple microfissure, ou créer un complexe trop rigide sur un support fissuré.

Impact sur la durabilité

La durabilité dépend ici de la cohérence support-enduit. Un enduit à la chaux bien conçu peut durer très longtemps et se réparer facilement, mais il exige une façade bien gérée contre l’eau liquide. Un enduit trop cimentaire sur support ancien peut accélérer les dégradations du bâti, rendant le ravalement coûteux à entretenir et parfois destructif pour la maçonnerie.

Comparatif 2 : Peintures filmogènes vs revêtements minces organiques et systèmes plus ouverts à la vapeur

Avantages réels

Les peintures filmogènes bien formulées et adaptées peuvent offrir une protection efficace contre la pluie battante, une uniformité esthétique et un entretien facilité. Elles sont parfois utiles sur supports stables, peu humides, où l’objectif est la protection de surface et la résistance aux salissures.

Les revêtements minces organiques, souvent utilisés en ravalement, apportent une capacité de pontage des microfissures, une protection contre l’eau liquide, une palette esthétique large et une application relativement rapide. Certains systèmes sont conçus pour équilibrer protection à l’eau et diffusion de vapeur, avec des performances adaptées à des supports courants.

Les systèmes plus ouverts à la vapeur, quand ils sont correctement choisis, favorisent l’évacuation d’humidité résiduelle, limitent la pression de vapeur derrière le film, et réduisent les risques de cloquage sur supports légèrement humides.

Limites techniques

Une peinture filmogène ou un revêtement trop fermé à la diffusion peut transformer une humidité modérée en problème majeur : cloques, décollements, farinage local, moisissures en zones froides, et dégradation accélérée du support. Le risque augmente lorsque la façade présente une humidité interne non maîtrisée, des ponts thermiques, ou des infiltrations ponctuelles.

À l’inverse, un système très ouvert à la vapeur mais insuffisamment résistant à l’eau liquide peut se charger en eau, puis se salir rapidement, favoriser les algues en zones ombragées, et réduire la tenue dans le temps si l’absorption est trop forte. La notion de façade respirante se retourne alors contre le projet : on a de la diffusion, mais on a aussi une façade qui se comporte comme une éponge.

Cas d’usage

Peintures filmogènes : supports très sains, diagnostics d’humidité rassurants, façades peu exposées à la pluie battante, bâtiments avec ventilation correcte, et détails constructifs soignés. Pertinent pour des remises en état esthétiques, à condition d’un support préparé rigoureusement.

Revêtements minces organiques : façades avec microfissuration stabilisée, besoin de pontage, supports compatibles, exposition moyenne à forte si le système est dimensionné, et attente d’une protection à l’eau liquide avec une certaine tolérance aux mouvements.

Systèmes plus ouverts à la vapeur : supports légèrement humides mais non pathologiques, maçonneries anciennes après assainissement, façades où l’on souhaite réduire le risque de pression de vapeur derrière le revêtement, tout en gardant une protection correcte contre la pluie.

Erreurs fréquentes

Appliquer un film fermé sur une façade humide en espérant que la protection extérieure résoudra l’humidité. Sous-estimer l’importance de la préparation, notamment la porosité hétérogène, les zones farineuses, les anciennes couches incompatibles. Confondre pontage de microfissures et traitement de fissures actives. Négliger l’impact des teintes foncées sur les dilatations et les contraintes du film. Oublier que l’eau entre souvent par les points singuliers, pas par la surface en plein.

Impact sur la durabilité

La durabilité est excellente lorsque le système correspond au niveau d’humidité réel du support et à l’exposition climatique. Elle devient médiocre quand on ferme une façade qui a besoin de sécher, ou quand on choisit un système trop ouvert dans une zone très exposée à la pluie battante sans protections adéquates. Dans la plupart des échecs, le matériau n’est pas en cause, le contexte l’est.

Comparatif 3 : Hydrofugation de surface vs protection par enduit et traitement des détails

Avantages réels

L’hydrofugation de surface peut réduire l’absorption d’eau liquide tout en conservant, selon les formulations, une capacité de diffusion de vapeur relativement correcte. Sur des façades minérales saines, elle peut limiter les pénétrations d’eau lors de pluies battantes, réduire le risque de cycles gel-dégel, et diminuer l’encrassement lié aux particules qui se fixent sur support humide.

Une protection par enduit adapté, associée à un traitement complet des points singuliers, agit à la fois sur la résistance à l’eau et sur la gestion des transferts, en apportant une couche sacrificielle et réparable, capable de redistribuer les flux d’humidité.

Limites techniques

L’hydrofugation n’est pas un ravalement. Elle ne rebouche pas des fissures, ne corrige pas des joints défaillants, ne traite pas une maçonnerie salpêtrée, et ne résout pas une infiltration par acrotère ou appui de fenêtre. Elle peut même masquer temporairement des symptômes, retardant un traitement de fond. Sa durabilité est variable, dépendant de l’exposition UV, de la porosité, de l’état de surface, et de la qualité d’application. Une hydrofugation sur support encrassé ou farineux peut être inefficace et créer des hétérogénéités esthétiques.

Un enduit, même performant, échouera si les détails restent défaillants : absence de larmier, appuis fissurés, étanchéité de menuiseries non reprise, pieds de façades exposés aux rejaillissements, ou fissures structurelles non traitées.

Cas d’usage

Hydrofugation : pierre ou enduit minéral en bon état, microfissuration limitée, objectif de réduire l’absorption d’eau, façades patrimoniales où l’on veut limiter les interventions lourdes, zones localisées particulièrement exposées, après réparation et nettoyage soignés.

Enduit + détails : ravalement complet, façades vieillissantes, supports hétérogènes, besoin de remise à niveau des protections, correction des points singuliers, objectif de durabilité à moyen et long terme.

Erreurs fréquentes

Hydrofuger une façade présentant des remontées capillaires ou des sels, ce qui peut modifier les flux et déplacer les zones de cristallisation. Appliquer sans essais préalables sur une pierre sensible. Confondre effet perlant immédiat et performance durable. Négliger la compatibilité avec d’anciennes peintures ou revêtements. Se contenter d’une hydrofugation là où un ravalement est requis.

Côté enduit : oublier la logique de l’eau, en traitant la surface sans traiter les causes, et en laissant les points singuliers inchangés.

Impact sur la durabilité

L’hydrofugation peut prolonger la vie d’un support sain, mais elle ne crée pas une durabilité structurelle si l’eau pénètre par ailleurs. Un ravalement bien conçu, avec gestion des détails, crée une durabilité systémique : moins d’eau entre, et ce qui entre peut sortir, avec une couche réparable qui joue son rôle de protection.

Comparatif 4 : Isolation thermique par l’extérieur sous enduit vs ravalement traditionnel sur mur non isolé

Avantages réels

L’isolation thermique par l’extérieur (ITE) sous enduit modifie profondément le comportement hygrothermique de la façade. En réduisant les pertes thermiques, elle élève la température du mur porteur, diminue les risques de condensation interne, réduit les gradients thermiques et stabilise la paroi. Dans de nombreux cas, cela améliore la gestion de l’humidité du support, car un mur plus chaud sèche mieux vers l’extérieur et subit moins de cycles gel-dégel.

Le ravalement traditionnel sans ITE conserve le comportement initial du mur, avec une intervention souvent plus simple et moins intrusive. Il peut être la solution pertinente lorsque l’ITE est impossible, non souhaitée ou inadaptée au bâti, à condition d’un système de façade cohérent.

Limites techniques

L’ITE sous enduit impose une conception rigoureuse des détails : tableaux, appuis, nez de dalle, jonctions avec menuiseries, départ en pied, fixation d’éléments rapportés, gestion des points singuliers. Le risque de pathologies augmente si l’eau liquide trouve un chemin derrière l’isolant ou au droit des interfaces, car le séchage devient plus complexe. Selon le type d’isolant et la composition du système, la diffusion de vapeur et la capacité de séchage varient, et un diagnostic initial est indispensable pour éviter d’emprisonner une humidité structurelle.

Le ravalement traditionnel ne corrige pas les ponts thermiques et laisse persister des zones froides où l’humidité intérieure peut condenser. Sur des bâtiments mal ventilés, cela peut maintenir des symptômes intérieurs malgré une façade rénovée, et la façade reste plus exposée aux cycles thermiques.

Cas d’usage

ITE : bâtiments énergivores, façades présentant des pathologies liées aux variations thermiques, immeubles où l’on vise confort et réduction des consommations, supports globalement sains ou assainis, projet où les détails peuvent être traités sans compromis, et où l’on accepte une intervention plus globale.

Ravalement traditionnel : contraintes architecturales, alignement urbain, patrimoine, copropriétés ne souhaitant pas modifier l’épaisseur, budgets ciblés sur la remise en état, supports nécessitant une approche compatible avec les maçonneries anciennes.

Erreurs fréquentes

En ITE : traiter l’ITE comme un simple habillage, négliger les détails de gestion de l’eau, sous-dimensionner les protections en pied, conserver des appuis inadaptés, créer des points d’entrée d’eau à travers les fixations ou les percements, ou ignorer une humidité initiale du mur. Autre erreur fréquente : choisir un système sans cohérence avec l’exposition, puis constater des encrassements accélérés.

En ravalement traditionnel : penser que la façade respirante compensera une ventilation intérieure insuffisante, ou qu’un revêtement fermé règlera un problème d’humidité qui vient des détails ou des remontées capillaires.

Impact sur la durabilité

Une ITE bien conçue augmente souvent la durabilité en réduisant les contraintes thermiques et en améliorant la stabilité du mur, mais elle exige une exécution irréprochable. Un ravalement traditionnel bien fait peut être durable, mais il ne transforme pas le bilan hygrothermique du bâtiment ; la durabilité dépend davantage de la maîtrise de l’eau et du maintien des performances de surface dans le temps.

Comparatif 5 : Supports anciens hétérogènes vs supports récents homogènes, la respirance n’a pas le même sens

Avantages réels

Sur supports anciens, la capacité à évacuer l’humidité est souvent un enjeu central, car les murs peuvent être épais, capillaires, et parfois exposés à des humidités structurelles. Un système plus ouvert à la diffusion, associé à des matériaux compatibles, peut réduire les risques de décollement et permettre des séchages saisonniers.

Sur supports récents homogènes, la priorité peut être la protection contre l’eau liquide et la stabilité dimensionnelle. Les supports sont souvent plus réguliers, les pathologies liées aux sels sont moins fréquentes, et les systèmes peuvent être optimisés pour la résistance à l’eau et l’esthétique.

Limites techniques

Sur ancien, les incertitudes sont plus nombreuses : nature des mortiers existants, présence de sels, reprises hétérogènes, fissures anciennes, humidité en pied, et interaction avec des éléments métalliques. Un système trop fermé peut créer un piège, mais un système trop ouvert mal protégé peut saturer en eau. L’équilibre est délicat et repose sur le diagnostic et la cohérence des couches.

Sur récent, la tentation est de surdimensionner la fermeture à la vapeur au nom de l’étanchéité. Or, une paroi peut aussi accumuler de l’humidité par défauts locaux, et un système trop fermé rend les désordres plus visibles et plus rapides. La notion de respirance reste utile, mais elle s’inscrit dans un cadre où l’étanchéité à l’eau liquide et la continuité des interfaces dominent.

Cas d’usage

Ancien : enduits compatibles, gestion des sels, traitements spécifiques en pied, ravalement pensé comme un ensemble incluant évacuation des eaux, ventilation, et réparation des points singuliers.

Récent : revêtements dimensionnés à l’exposition, gestion des microfissures, performances de protection et d’entretien, et correction des détails constructifs.

Erreurs fréquentes

Sur ancien : appliquer un système standard conçu pour support moderne, ignorer les sels, traiter l’esthétique avant l’assainissement, ou fermer une façade par une peinture ou un revêtement trop étanche en pensant améliorer la protection.

Sur récent : négliger la préparation du support, sous-estimer la microfissuration, oublier les interfaces, ou croire qu’un produit dit respirant dispense de traiter les pénétrations d’eau par fissures et joints.

Impact sur la durabilité

Sur ancien, la durabilité dépend d’abord de la compatibilité et de la capacité du système à tolérer l’humidité sans se dégrader, tout en réduisant l’entrée d’eau. Sur récent, la durabilité est surtout liée à la résistance à l’eau liquide, à l’adhérence et à la gestion des mouvements, la diffusion de vapeur jouant un rôle de sécurité plutôt que de fonction principale.

Limites techniques incontournables, même avec un système très ouvert à la vapeur

La meilleure diffusion de vapeur ne compense pas un mauvais détail d’appui de fenêtre. Elle ne compense pas une descente d’eaux pluviales qui fuit, ni une bavette absente, ni un sol extérieur qui remonte l’eau sur le pied de façade, ni une fissure traversante. Elle ne compense pas non plus des remontées capillaires actives sans traitement en pied. Dans ces cas, parler de façade respirante revient à déplacer le problème : l’eau liquide continue d’entrer et s’accumule.

Autre limite majeure : l’hétérogénéité. Une façade réelle est faite de zones plus ou moins poreuses, d’anciens enduits, de reprises, de joints, de béton réparé, de corniches, d’éléments métalliques, d’angles, de tableaux. Un revêtement homogène posé sur un support hétérogène se comporte de façon hétérogène, ce qui génère des taches d’humidité, des différences de teinte, des décollements localisés. La respirance n’est pas une valeur unique, c’est un comportement de système.

Enfin, le climat et l’orientation imposent leurs règles. Une façade nord ombragée ne sèche pas comme une façade sud ventilée. Une façade en front de mer n’a pas le même régime de sels et d’embruns qu’une façade urbaine. Une façade très exposée au vent subit des pressions qui poussent l’eau liquide dans les microdéfauts. Un système ouvert doit donc être choisi avec un regard sur l’exposition à la pluie battante, pas uniquement sur le transfert de vapeur.

Erreurs de décision qui transforment un bon produit en mauvais ravalement

La première erreur est de choisir un système avant le diagnostic d’humidité. Une façade peut être sèche en apparence et humide en profondeur, surtout après une période pluvieuse ou après un nettoyage haute pression. La seconde erreur est de confondre respirance et absence de protection. L’objectif est une barrière à l’eau liquide, pas une paroi perméable à l’eau. Troisième erreur : traiter l’enveloppe sans traiter les causes intérieures, notamment la ventilation et les ponts thermiques. Une façade rénovée peut rester victime d’humidité intérieure si l’air humide n’est pas évacué.

Quatrième erreur : sous-estimer les points singuliers. La majorité des entrées d’eau ne provient pas du plein de façade, mais des interfaces : menuiseries, appuis, acrotères, couvertines, balcons, garde-corps, percements, joints et fissures. Cinquième erreur : ignorer les contraintes thermiques dues aux teintes foncées, aux expositions et aux dilatations, qui augmentent les microfissures et mettent en tension les films.

Méthode de choix pragmatique pour un ravalement durable chez Renova Clean Ravalement

Un choix fiable se fait en couches de décision. D’abord, établir l’état du support : nature, cohésion, porosité, présence de fissures, humidité, sels, reprises. Ensuite, cartographier les chemins de l’eau : ruissellements, défauts d’évacuation, points singuliers, pieds de façade, jonctions. Puis hiérarchiser les risques : pluie battante, orientation, ombrage, pollution, gel, proximité végétale.

Vient ensuite le dimensionnement du système. Si le support est ancien et légèrement humide, on privilégie un complexe qui laisse sécher sans se dégrader, tout en protégeant réellement de l’eau liquide. Si le support est moderne et stable, on dimensionne la protection et le pontage selon la microfissuration et l’exposition. Si une ITE est envisagée, on traite les détails comme un lot principal, pas comme une fin de chantier.

Enfin, on verrouille la durabilité par la mise en œuvre : préparation, primaires adaptés, épaisseurs contrôlées, conditions climatiques, temps de séchage entre couches, et traitement soigné des joints et raccords. Une façade dite respirante devient réellement durable lorsque le chantier respecte la logique de l’eau et la logique des interfaces.

Ce que la durabilité signifie concrètement pour une façade dite respirante

Une façade durable n’est pas celle qui reste seulement belle, c’est celle qui conserve sa fonction de protection et de gestion de l’humidité au fil des saisons. Dans un système bien conçu, l’eau liquide est repoussée, les microfissures sont gérées, l’humidité interne n’augmente pas année après année, et les cycles gel-dégel diminuent. Les sels, s’ils existent, sont pris en compte par des choix compatibles. Les réparations restent possibles, localisées, sans devoir décaper l’ensemble.

À l’inverse, une façade sur-vendue comme respirante mais exposée à des entrées d’eau non traitées vieillit mal : encrassement rapide, taches, algues, décollements, efflorescences, et perte de performance. Le bâtiment devient plus coûteux à maintenir, et l’on finit par refaire un ravalement prématurément, parfois avec des dégâts sur le support.